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Publication de la Stratégie Science ouverte 2026-2033

Publié le 16 octobre 2026 – Mis à jour le 16 octobre 2026

Le Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace a dévoilé sa nouvelle Stratégie de science ouverte (SSO) 2026-2033, afin de généraliser l'accès ouvert aux publications, aux données et aux logiciels de recherche.

Dévoilée le 16 septembre 2026, la nouvelle Stratégie de science ouverte (SSO) 2026-2033 du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace succède aux deux premiers Plans nationaux pour la science ouverte (PNSO 1 et 2). Elle passe d'un format de plans triennaux à une feuille de route à long terme sur 8 ans, découpée en plans d'action quadriennaux (le premier couvrant la période 2026-2029).

 

Quels sont les points principaux à retenir de cette nouvelle stratégie ?


Le document fait le constat que l'accès ouvert a fortement progressé depuis les premiers plans nationaux, notamment pour les publications scientifiques. Sur le plan des données de recherche, l'ouverture n'est pas encore la norme car de nombreux freins persistent. Les codes et logiciels ne sont pas assez considérés comme une contribution majeure à la science et sont encore peu partagés.

La stratégie Science ouverte réaffirme le principe d'ouverture par défaut des résultats de recherche, la fermeture devant rester l'exception. Face au développement des IA génératives, la stratégie reconnaît les défis que ces nouveaux outils imposent, notamment en matière d'intégrité scientifique, mais réaffirme que la science doit rester ouverte, afin de favoriser les IA ouvertes, transparentes, reproductibles et fiables.

 

1. Publications scientifiques


L'ouverture des publications contribue à un meilleur rayonnement de la science : les publications en libre accès sont plus téléchargées et plus consultées que les publications derrière des barrières payantes. Les articles scientifiques en accès ouvert sont également plus cités au-delà du monde universitaire : ils sont plus repris par des journalistes, utilisés dans Wikipédia, ou cités dans des décisions de justice pour les articles en droit.

La stratégie réaffirme le rôle central de la plateforme HAL, dont l'usage doit être encouragé, et affiche un objectif ambitieux : “100% des articles français sont déposés dans l’archive ouverte HAL (cible)”. Par ailleurs, le MESRE soutient le modèle de publication « Diamant », qui concerne les revues gratuites pour les auteurs et les lecteurs, afin d'offrir des alternatives et de freiner la hausse des frais d'APC exigés par les grands éditeurs commerciaux. 

 

2. Données de recherche


Si l'ouverture de la donnée n'est pas encore pleinement la norme en raison de freins juridiques, techniques ou d'hétérogénéités disciplinaires, la stratégie réaffirme la poursuite de la mise en œuvre des principes FAIR (Faciles à trouver, Accessibles, Interopérables, Réutilisables). Elle encourage la généralisation des plans de gestion de données (PGD) et le dépôt dans l'entrepôt national Recherche Data Gouv ou dans des entrepôts thématiques certifiés.

 

3. Codes et logiciels


Les codes et logiciels doivent être pleinement reconnus comme des contributions majeures à la recherche. La stratégie vise à améliorer leur découvrabilité et à promouvoir leur réutilisation. Parmi les mesures phares figure le déploiement d'un environnement souverain de développement logiciel (forge nationale), ainsi que l'archivage pérenne des codes sources via Software Heritage.

 

4. Identifiants persistants


Il s'agit de renforcer l'usage systématique des identifiants persistants (PIDs) : les DOI (Crossref, DataCite) pour les publications et les données, SWHID pour les logiciels, ROR pour les structures et organisations, ainsi que l'identifiant ORCID pour les chercheuses et chercheurs.

 

5. Infrastructures de science ouverte


La stratégie prévoit de consolider et de financer durablement des infrastructures publiques contrôlées par la communauté scientifique, garantissant ainsi la souveraineté numérique, prévenant la dépendance aux acteurs commerciaux privés et protégeant le patrimoine scientifique français.


Enfin, l'évolution de la science ouverte est indissociable d'une transformation profonde de l'évaluation de la recherche et des chercheurs. En cohérence avec les principes de la coalition CoARA, l'évaluation doit s'éloigner des seuls indicateurs quantitatifs traditionnels (comme le facteur d'impact) pour valoriser la qualité, la transparence, la reproductibilité et la diversité des productions scientifiques.
 

Mis à jour le 16 octobre 2026